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Portraits de licencié·e·s #4 : Christophe Duquennoy

Publiée le 15 novembre 2021

Ligue FFME Hauts-de-France

Pour cette nouvelle édition du portrait du bénévole du mois, nous partons à Louvroil dans le département du Nord. On vous propose de faire connaissance avec Christophe Duquennoy.

Bonjour Christophe, merci d’avoir accepté l’interview, peux-tu te présenter ?

J’ai 57 ans et je pratique les activités de montagne depuis l’âge de 16 ans. J’ai découvert l’univers de la falaise et de la montagne au début des années 80 avec un ami, en Belgique, à Freyr. C’est là que j’ai pu apprendre les techniques de cordées et les « manips ». À l’époque, c’était très rudimentaire, l’utilisation des chaussons d’escalade n’était pas généralisée. Nous grimpions en « grosses ».

Et ensuite, comment as-tu poursuivi ton engagement dans l’activité ?

J’ai participé à la création d’un club dans mon village natal de Fleurbaix dans le Pas-de-Calais situé entre Béthune et Armentières. Pour débuter, nous avions aménagé le pignon d’une maison en piquetant les joints entre les briques pour obtenir des réglettes, tu imagines comment cela a évolué !

Effectivement, mais cela t’a sûrement donné envie de poursuivre de manière plus « structurée » ?

Oui, en arrivant dans l’avesnois j’ai rejoint le club du Rail Atac à Louvroil. Au départ, comme simple grimpeur et je me suis peu à peu investi dans le club en tant qu’encadrant et trésorier. J’étais autodidacte dans la discipline et j’ai assez rapidement ressenti le besoin de passer le diplôme d’initiateur alpinisme pour emmener d’autres personnes en montagne ou en grandes voies. Je pratique également la randonnée et j’ai fait un peu de cascade de glace et de ski de randonnée… pour pouvoir faire découvrir aux autres ces activités. Enfin, depuis quelques années, je suis devenu un « aficionado » du canyoning ce qui m’a également amené à valider la formation d’initiateur dans cette activité.

En concernant la structure artificielle ?

Pour la résine, j’y suis venu après la falaise par la force des choses compte tenu de la géographie de notre région. C’est aussi à travers cette structure que notre club se développe au quotidien et il faut la faire vivre. D’où l’importance d’avoir un club dynamique.

Peux-tu nous présenter ton club ?

Escalp est un club qui a acquis son autonomie récemment : il est l’émanation de l’ancien club du RAIL ATAC qui était rattaché à un centre social. C’est un club familial, avec pour état d’esprit la convivialité, la solidarité et le partage. J’y exerce la fonction de trésorier et d’encadrant. Nous avons compté jusqu’à environ 150 licenciés, la reprise post confinement a confirmé un fort engouement chez les jeunes : nos groupes sont complets. Nous accueillons les grimpeurs dès 6ans, avec des créneaux les soirs de la semaine selon les tranches d’âge (6-8, 8-10, 10-15, 15- 17 et +de 15-autonomes). Nous essayons également de remobiliser les grimpeurs adultes dans leur pratique comme dans leur engagement au sein du club.

La compétition n’est pas notre ADN, mais nous y participons pour le fun et la convivialité qu’on peut y trouver, notamment dans les rencontres départementales et régionales. Ceux sont mes enfants qui m’y ont mené et, outre ma participation en tant que grimpeur chez les vétérans, je m’y suis assez rapidement investi en tant qu’officiel, comme juge tout d’abord puis Président De Jury par la suite.

Et votre mur ? À quoi ressemble-t-il ?

Notre infrastructure est vieillissante : le mur date de 2004, il est composé de 18 lignes dont les voies évoluent du 3c au 7c+sur 8m de haut au maximum. Nous possédons également un petit bloc. C’est surtout la salle qui accueille la SAE et les conditions d’accueil qui sont assez rudimentaires (nous n’avons pas de vestiaires, un chauffage quasi-inexistant et l’hiver, on grimpe avec de véritables conditions hivernales). Mais cela n’empêche pas les adhérents d’y venir pour le plaisir de se retrouver et de grimper. C’est vraiment l’esprit de la cordée !

Proposez-vous d’autres activités au club ?

Oui, outre des sorties ponctuelles sur la journée ou le week-end, nous organisons deux camps d’une semaine par an. Généralement, l’un est orienté falaise et le second plutôt multi-activités avec une dominante canyoning. Ainsi, cette année, nous avons emmené 2 groupes d’une trentaine de personnes, souvent des familles, à Orpierre en Drôme Provençale en avril et à Lauzet-Ubaye en août. L’hébergement se fait en gîtes ou en campings, selon la saison, et les licenciés sont encadrés par les initiateurs du club. Dans ce cadre, nous avons souvent le plaisir d’accueillir des anciens du club, en provenance des Pays-Bas, d’Italie… et d’autres régions de France, dont certains restent licenciés au club malgré la distance et passent nous rendre visite lors de leurs passages dans le Nord.

As-tu d’autres engagements pour ces activités ?

Je fais partie du CT 59 depuis 2010 et j’en ai pris la présidence en 2012. Je suis actuellement dans mon 3ème mandat et nous formons une équipe soudée avec mon CD. Cette instance fonctionne dans une relation de proximité avec les 11 clubs du Nord licenciés FFME, dont 3 ont des salariés. Notre rôle, outre l’organisation des championnats départementaux, est de les accompagner en cherchant à répondre à leurs besoins et en les soutenant dans leurs activités notamment par des aides en matériels et financières. Nos projets pour ce mandat sont de mettre en place un circuit de compétition départemental original, basé sur la convivialité de l’inter-club, et de développer la multi-activité notamment le canyoning. Mais, peut-être à cause de la pandémie que nous avons traversée, nous ne rencontrons pas une forte mobilisation pour ces projets pour le moment.

Merci pour ces éléments, pour finir, pourrais-tu nous évoquer un souvenir de grimpe qui t’a marqué ?

J’en ai plein la tête et il est difficile de faire un tri entre l’alpinisme, le canyon ou les grandes voies. Entre la féerie de Fleur Jaune à la Réunion ou ma première grosse galère en haute montagne au Täshorn, pour ne citer que ceux-là, tous m’ont laissé une empreinte ! Mais les plus beaux souvenirs resteront les moments de partage avec les personnes avec qui je vis ces moments-là et en cela, la traversée de la Meije réalisée avec mes fils reste pour moi un souvenir indéfectible.

Perrine Béal – secrétaire adjointe de la Ligue HDF-FFME