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Portraits de licencié·e·s #8 : Yves Ordener
Publiée le 21 septembre 2023
Ligue FFME Hauts-de-France - Multi-activité
Pour attaquer la saison 2023, nous avons rencontré un bénévole situé dans l’Aisne, grimpeur licencié à la FFME des Hauts-de-France. Petit résumé de l’échange avec Yves Ordener à Soissons.
Salut Yves, si tu devais te présenter en quelques mots, que nous dirais-tu ?
Bonjour, je m’appelle Yves Ordener, j’ai 43 ans. Je suis originaire de Metz en Lorraine. Dans la vie civile, je suis professeur d’ Éducation Physique et Sportive et j’exerce à l’Université Jules Verne en Picardie. Je suis également formateur pour les étudiants en STAPS (responsable de l’option Activités physiques de Pleine Nature), au SUAPS (service commun) et à l’INSPÉ (formation initiale et préparatoire aux professeurs d’EPS). Je suis par ailleurs diplômé et encadre professionnellement des activités sportives comme le judo, l’escalade et le canyoning. J’ai débuté l’escalade à Nancy, lorsque j’étais jeune étudiant à l’UFR STAPS. Je suis licencié à Soissons Escalade depuis 2008.
Comment définirais-tu ton club ?
Le club Soissons Escalade a été créé en décembre 2004, autour d’une pratique sur structure artificielle d’escalade (SAE). L’inauguration officielle s’est faite en février 2007 avec l’ouverture de la structure artificielle municipale. La création de l’association correspondait à la volonté convergente de 3 groupes : des professeurs d’EPS, des pompiers et le club d’aviron local.
Dans le département de l’Aisne, il existe actuellement 3 clubs : celui de Soissons est le plus « important » du point de vue des effectifs, il comprend entre 100 et 130 licenciés. À l’origine, le club était tourné essentiellement vers une pratique conviviale et fédératrice, puis est apparu progressivement le développement de nouvelles dimensions, notamment l’ouverture vers d’autres sports de pleine nature avec le canyoning et la via-ferrata.
Nous veillons également à prendre en compte le plus possible la dimension sociale dans la pratique des activités proposées par le club : ainsi, nous accueillons des grimpeurs à besoins particuliers ou en situation de handicap. Nous avons créé des partenariats avec un Institut Médico Éducatif (IME), avec une clinique de santé ainsi qu’avec des dispositifs scolaires (ateliers-relais et des ULIS). Par la suite, un groupe « perfectionnement » a été créé et vise une dimension plus sportive, une certaine quête de performance.
Où se situe votre mur ?
Notre structure se situe à Soissons dans un espace polyvalent, avenue du Mail (proche de l’Aisne). Elle est composée de 14 lignes avec une hauteur maximale de 9m. On y trouve 2 dalles, 1 dièdre, 6 couloirs verticaux simples, 2 avec dévers, 2 avec dévers et petit surplomb. Il y a ainsi 45 voies, côtées du 4C au 7B. Il s’agit d’un mur avant tout scolaire, qu’on essaie de rendre attractif autant que possible. Les points sensibles de l’espace Claude Parisot (qui accueille la structure) sont la faible protection thermique, l’absence d’espaces de stockage et l’environnement riche en poussière. En effet, la construction du mur est postérieure à l’installation qui accueillait à l’origine un boulodrome couvert et l’académie de Billard.
Comment en es-tu venu à l’escalade ?
Dans ma jeunesse, j’ai toujours aimé grimper, mais c’est véritablement lors de mes études à l’UFR STAPS de Nancy à ma majorité que j’ai appris à apprécier l’escalade.
Toutefois, je suis judoka depuis l’âge de 6 ans (encore aujourd’hui). Jusqu’à ma mutation professionnelle en 2004, j’ai privilégié ce sport de combat. C’est donc plus lors des étés que je m’adonnais aux sports de pleine nature notamment le canyonisme, l’escalade, la via-ferrata et autres.
A la base, je suis davantage passionné par le canyoning que par l’escalade. C’est indirectement par le canyoning que je me suis rapproché d’un club, car l’escalade est plus « compatible » avec les ressources géologiques de feu la région Picardie, contrairement aux sites de canyon, basés dans les régions montagneuses.
Quelques mois après mon arrivée en 2008, la présidente-fondatrice de l’époque, Julie Brosset, professeure d’EPS comme moi, m’a demandé de venir encadrer au club du fait de mes compétences, expériences professionnelles et de mes appétences avec la verticalité. Rapidement donc, j’ai été invité à rejoindre le conseil d’administration et prendre des fonctions au club, presque malgré moi.
Entre 2009 et aujourd’hui, je n’ai eu de cesse de me former sur le plan fédéral : initiateur SAE, initiateur, moniteur escalade sportive, moniteur grands espaces, entraîneur de niveau 1, juge, ouvreur, mais aussi initiateur, moniteur et instructeur de canyonisme (en cours pour le dernier) et initiateur de via-ferrata.
Par ailleurs, je suis diplômé d’Etat en judo depuis 2005, en canyonisme depuis 2016, titulaire du CQP AESA depuis 2017, en plus des prérogatives professionnelles liées à ma licence STAPS.
Je consacre donc un temps certain à la formation, à l’encadrement et à l’entraînement de l’escalade et autres sports de nature, bien plus d’ailleurs qu’à ma pratique personnelle.
Peux-tu nous expliquer comment fonctionne le club ?
Nous évoluons dans l’espace Claude Parisot à Soissons, qui est une salle multisports. Nous le partageons avec les clubs de pétanque, de poker, de billard et plus récemment de golf. Nous avons 4 créneaux pour les adultes et 4 créneaux pour les jeunes chaque semaine. En outre, nous avons quelques partenariats avec des groupes extérieurs ou lors de périodes de vacances scolaires.
Quels types d’événements organisez-vous dans le club pour vos licenciés ?
Nous programmons nombre de sorties en extérieur : avec les jeunes à la journée, et dans un rayon géographique proche. Ainsi, nous fréquentons le site des Falloises de Vertus dans la Marne (130 voies, falaise calcaire), le site du Pas Bayard à Hirson, le site-école de Saint-Maximin (Oise), le site de la hottée du diable à Coincy (aujourd’hui, l’accès est interdit) et celui de la hottée de Gargantua à Molinchart.
Avec les adultes, nous nous rendons également sur des structures artificielles à Bloc Out Reims et dans la salle d’escalade du Nautil à Pontault-Combault. Nous grimpons aussi en extérieur à Vertus et à Saint Maximin. Nous organisons des formats de stages multi-activités, dans lesquels nous combinons de l’escalade, du canyoning et de la via ferrata. Cela nous a permis de découvrir de nombreux sites naturels en France : en Bourgogne, en Savoie, dans le Haut-Jura, le Haut-Bugey, les Hautes-Vosges, en Aveyron… Nous sommes allés à Saint-Gervais-Les-Bains (74) et sur le site de Berdorf au Luxembourg. Nous avons ainsi pu pratiquer du canoë-kayak ou encore de la spéléologie en plus des autres activités.
As-tu d’autres fonctions en lien avec l’escalade ?
J’ai intégré le conseil d’administration du club en avril 2008. J’encadre certains créneaux et entraîne le groupe des grimpeurs de 11-14 ans. Je suis également missionné dans la gestion des EPI et assure la fonction de ce qui pourrait être un « directeur technique ». En 2016, je suis devenu vice-président du club. En 2020, j’ai intégré le comité- territorial FFME de l’Aisne (Vice-Président) et en 2021, j’ai intégré le comité directeur de la FFME des Hauts-de- France et j’en suis référent sur l’axe multi-activités.
Quels sont tes projets ?
Au départ, j’ai un diplôme d’état en judo (2005). En 2017, j’ai validé le CQP AESA en escalade. Depuis 2009, je me suis continuellement formé en passant les différents diplômes au sein de la FFME: initiateur, ouvreur, moniteur, instructeur. J’ai également validé le DEJEPS canyoning en 2016.
Cyril Plé, président de la Ligue, s’est intéressé à mon profil et par le format de stage multi-activités mis en place dans notre club. Nous avons réfléchi ensemble à une proposition originale s’en inspirant, pour développer cet aspect en direction des clubs FFME des Hauts-de-France (cf. plan de développement) et afin de permettre aux licenciés FFME des clubs des Hauts-de-France de découvrir le multi-activités.
Ainsi, nous avons réalisé la 1ère édition en mai 2022 dans le Haut-Bugey, au Plateau d’Hauteville. Nous avons pratiqué de l’escalade, de la via-ferrata, du canyoning et de la spéléologie. J’ai co-encadré le stage avec Kamel Elasri (secrétaire et professeur au club de Soissons) avec une quinzaine de licenciés sur un site que nous connaissions bien.
La réussite de cette 1ère édition nous a poussés à en organiser une seconde, cette fois-ci en mai 2023 dans le Haut-Jura, aux Rousses. Les activités proposées étaient les mêmes, nous avons en plus fait de la trottinette de montagne en Suisse. L’idée est de permettre aux stagiaires de découvrir le multi-activités afin de le promouvoir ensuite dans leur club, mais également de les responsabiliser et de susciter chez eux l’envie de se former en vue d’encadrer à leur tour ces activités sportives en pleine nature. Le 3ème stage proposé devrait se dérouler en mai 2024 en Haute-Savoie. La promotion de l’événement auprès des clubs affiliés à la FFME HDF permettra de gérer de façon optimale les inscriptions. L’idée reste la découverte du multi-activités et le fait de donner des outils relatifs à l’autonomie aux stagiaires.
As-tu un souvenir que tu aimerais nous décrire ?
Si je veux être parfaitement cohérent, je ne citerai pas un, mais des souvenirs multiples. J’ai la chance d’avoir de nombreuses images en tête. Si je devais en retenir une pour les différentes activités, je choisirais :
En 1, j’aimerais évoquer dans ma pratique personnelle et d’encadrement une grande voie d’escalade de 16 longueurs intitulée le « Trou du Diable » située à la Montagne Saint-Victoire avec une vue magnifique sur la croix de Provence, lors d’un stage d’escalade basé à La Ciotat.
En 2, je partagerai le souvenir du canyon des Oules de Freissinières, un site magique et mythique, au pied des cascades de Dormillouse au cœur du Champsaur et du massif des Ecrins. C’est juste grandiose et un joyau dans l’activité.
Enfin en 3, je citerai la via-cordata des cataractes dans les gorges du Verdon avec une entrée avec un rappel de 200m et une sortie avec un rappel pendulaire de 80m jusqu’au canyon du Verdon lors d’un stage multi-activités basé à la Palud-sur-Verdon. Frisson et panorama splendide.
Ces souvenirs ont en commun l’expérience d’émotions exceptionnelles du fait du parcours, du site naturel et des personnes avec qui ils ont été partagés.
Perrine Béal, secrétaire adjointe de la ligue Hauts-de-France FFME