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PORTRAITS DE LICENCIÉ-E-S # 18 : MARION LEBRUN

Publiée le 29 janvier 2026

Escalade

Pour ce dix-huitième portrait de bénévole, nous avons rencontré Marion Lebrun, présidente et bénévole au sein du club Château-Thierry Escalade.  

Bonjour Marion, pouvez-vous vous présenter ? 

Je m’appelle Marion Lebrun et j’ai 28 ans. Je suis professeure des écoles dans la vie de tous les jours en ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire : dispositif permettant la scolarisation d’élèves en situation de handicap dans un établissement scolaire ordinaire), donc j’ai un public particulier. Au club, je suis coach, gestionnaire EPI et présidente. Et je suis aussi présidente du Comité territorial FFME de l’Aisne (CT Aisne).

Qu’est-ce qui vous a amené à exercer le rôle de bénévole au sein du club ?

Au début, j’ai juste voulu coacher parce que j’aime enseigner, transmettre, donner des conseils. Et puis, ça s’est fait au fur et à mesure. J’ai jamais vraiment candidaté, mais à chaque fois qu’il y avait une Assemblée Générale on votait pour moi, que ce soient les licenciés, l’ancien président ou le bureau. Au début, j’ai été vice-présidente, ensuite présidente. Ça s’est passé de la même façon pour le CT Aisne. Le président sortant a posé sa démission et les personnes présentes m’ont fortement recommandée. J’ai fini présidente alors que je n’avais même pas postulé. Aujourd’hui, ça fait quatre ans que je suis présidente du club et trois ans au CT Aisne.

Quelles sont vos missions et qu’est-ce qui vous plaît dans ce rôle ?

Le coaching, je coache une dizaine d’heures par semaine. La présidence, c’est beaucoup d’administratif, c’est être responsable du club, garantir la sécurité et le bon déroulement des séances. Et gestionnaire EPI, je m’occupe de gérer le matériel, d’être sûre qu’il est conforme et en bon état pour garantir la sécurité de mes licenciés.

Le Comité territorial n’est pas très actif dans l’Aisne. Donc j’ai moins de choses à faire de ce côté-là. Encore une fois, c’est beaucoup d’administratif. Par exemple, on a le problème avec la Hottée du Diable, un site naturel qui ne fonctionne plus en ce moment avec interdiction d’y grimper. Donc, la Ligue m’aide sur ce sujet avec pour but de le remettre en marche.

Majoritairement, je préfère le coaching car c’est transmettre. Transmettre la passion, transmettre les conseils et faire en sorte que tout le monde progresse. C’est voir les enfants revenir la semaine d’après très contents, c’est ça qui me passionne !

Pratiquez-vous personnellement l’escalade ? Depuis combien de temps ?

Je grimpe depuis que je suis au lycée, il y a 11-12 ans. C’est ma professeure d’EPS qui m’a fait découvrir ce sport et qui, derrière, est devenue ma coach quand j’ai intégré le club. J’ai fait une pause pendant mes études supérieures parce que je n’étais plus sur le secteur. Après mes études, je suis revenue et tout s’est mis en place.

Parlez-nous de Château-Thierry Escalade. 

Cette année, Château-Thierry Escalade fête ses 40 ans. On a environ une centaine de licenciés tous les ans. On est très fiers de dire qu’on a la parité : 49 % de femmes et 51 % d’hommes. Le club a beaucoup de jeunes et accepte à partir de 8 ans. Ils sont répartis sur 5 séances par semaine, en catégorie d’âge. Ensuite, on a les adultes qui peuvent venir, avec 2 séances proposées par semaine.

Notre mur mesure 21 mètres en linéaire au sol. En hauteur, il fait entre 6 et 9 mètres et forme une pyramide. Le mur a 30 ans donc il est assez vieillissant. C’était le plus haut de Picardie, quand c’était la petite région à l’époque. Mais maintenant, c’est un vieux mur, les profils ne sont plus d’actualité et les plaques sont vieillissantes. On a quand même un point très positif, c’est que le mur central est inclinable. On peut choisir l’inclinaison et ça permet de changer la cotation d’une voie assez facilement. Puis, on a un petit pan dans un coin du gymnase, pour faire du bloc. C’est fort déversant et on ne peut pas grimper à beaucoup dedans, mais il reste très pratique pour la saison de bloc.

Quels sont les projets à venir pour le club ?

À long terme, on aimerait que la ville nous propose un nouveau mur. Mais, il y a une petite difficulté car le gymnase appartient à la mairie et notre mur appartient à la communauté d’agglomération. Je ne peux donc pas contacter la même personne en fonction de ce que je veux. On aimerait un nouveau mur mais plusieurs projets ont déjà été proposés à la mairie. Une fois, le budget avait même été prévu, mais tout a été annulé à la dernière minute. Alors, on n’y croit plus trop.

Sinon, sur le court terme, on voudrait faire de la formation. Parce qu’on n’a pas beaucoup de bénévoles. On aimerait bien de nouveaux encadrants qui puissent être autonomes rapidement et de nouveaux juges. Puis, on souhaiterait aussi se former pour pouvoir encadrer en extérieur, parce que c’est vraiment quelque chose qui manque dans notre club.

Qu’est-ce qui vous plait dans l’escalade ? 

C’est un sport très complet, aussi bien sur le plan physique, technique et cognitif. Par exemple, il faut réussir à envisager son déplacement sur le mur. C’est un sport où il y a beaucoup de bonne ambiance. Même en compétition, les grimpeurs qui sont supposés s’opposer, s’entraident, se donnent des méthodes et s’encouragent. C’est aussi un sport qui est accessible à tout le monde. Deux personnes avec deux niveaux très différents peuvent faire la même séance, travailler la même chose, mais chacun à leur niveau, puis sortir avec la même satisfaction du travail bien fait.

Pour finir, auriez-vous un ou plusieurs souvenirs en lien avec l’escalade à nous partager ?

Ça ne va pas être très joyeux, mais il y a deux ans, on a été témoin d’un grave accident dans une salle à Pontault-Combault. On faisait déjà très attention à la sécurité, et maintenant on est devenus carrément intransigeants. Parce que notre mur étant petit, une mauvaise manipulation ou une erreur d’assurage peut vite amener un retour au sol. Et nous, on a été témoin d’un retour au sol. Derrière, on a mis en place une animation de sécurité qu’on fait à peu près tous les ans. Le club a fait venir des pompiers professionnels, avec différents ateliers. Par exemple, il y avait des mannequins qu’on pouvait se permettre de jeter du haut du mur. Et moi, j’étais au sol et je faisais exprès de faire les erreurs que peuvent faire des assureurs débutants. Puis on voyait les conséquences sur le mannequin, qui finalement s’écrasait dans le tapis. On a aussi pu faire essayer les parents, ça a permis de rassurer tout le monde. Et puis moi, après avoir vu l’accident et fait cette animation, je reste sur mes convictions : la sécurité c’est très important. Je ne change pas d’avis et je continue d’être très exigeante en matière de sécurité.

En tant que grimpeuse, je ne grimpe pas beaucoup dehors, parce qu’il n’y a pas trop de falaises dans le secteur et, comme je disais, pas d’encadrant pour aller dehors. Mais j’aime quand même aller grimper sur du caillou de temps en temps.

Je suis plutôt une grimpeuse de difficulté. Je me rappelle d’une très grande voie dans une salle privée qui était d’un niveau bien au-dessus du mien normalement. Mais comme la voie était très grande et que j’ai des capacités de résistance, j’ai pu avancer et me faire plaisir dans une voie qui est normalement au-dessus de mon niveau. Donc, encore une fois, c’est là toute la richesse de l’escalade.

Interview réalisée par Marine Mignotte, dans le cadre de la valorisation de l’investissement bénévole. 

L’un de vos licenciés s’investit activement dans votre structure et voudrait participer à l’un de ces portraits ?