Actualités
PORTRAITS DE LICENCIÉ-E-S # 21 : LUDOVIC PETIT
Publiée le 28 avril 2026
Escalade
Pour ce vingt-et-unième portrait de bénévole, nous avons rencontré Ludovic Petit, ouvreur sur le site “Les Glachoirs” (Saint-Vaast-lès-Mello) et licencié au sein du club Sud Oise Escalade.
Bonjour Ludovic, pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Ludovic Petit, j’ai 62 ans et je suis chef d’entreprise en tant que cordiste depuis près de 40 ans. À l’époque, lorsque je grimpais, j’ai commencé à travailler dans ce domaine pour en vivre. Le week-end, je grimpais et j’équipais des voies, puis la semaine, je travaillais sur cordes. J’étais donc sur cordes sept jours sur sept.
Depuis combien de temps pratiquez-vous l’escalade ?
J’ai commencé l’escalade quand j’étais petit. Mais les murs d’escalade n’existaient pas à cette époque. C’était un peu compliqué d’aller grimper en banlieue nord de Paris. Il fallait souvent aller à Fontainebleau en train, mais c’était long. C’est comme ça que j’ai commencé à équiper et ouvrir d’anciennes carrières, du côté de chez moi dans l’Oise.
Avant, c’était quelque chose qui ne se faisait pas du tout. En France, dans les années 80, je pense être l’un des premiers à avoir ouvert des voies dans des carrières. On a cherché plusieurs belles carrières, particulièrement celle des Glachoirs, avec la végétation qui a repris ses droits. Aujourd’hui, il y a plus de 300 voies qui ont été ouvertes dans cette carrière. Ce sont des voies assez courtes, avec une cotation intermédiaire, entre la falaise et le bloc.
Parlez-nous du site Les Glachoirs et de vos missions.
Culturellement, ce site raconte l’histoire industrielle des carrières au nord de Paris. Les Glachoirs fait partie de toutes ces carrières qui ont servi à construire à la fois les monuments dans l’Oise, mais aussi à Paris, durant la période haussmannienne. Toutes les pierres venaient des carrières de l’Oise. Celles des Glachoirs sont particulières car ils ont laissé des îlots et des blocs, où la végétation a repoussé. On a donc presque l’impression que c’est naturel. Il y a des endroits où il y avait des fissures qui s’étaient créées, et elles ont été exploitées. C’est pourquoi on retrouve plusieurs couleurs : gris, ton pierre, ocre, etc… Aujourd’hui, c’est un site en accès libre. Je m’occupe donc de l’entretien, de l’équipement et de changer les relais.
Quelle est la plus grande difficulté quand on ouvre sur ce site ?
Les Glachoirs, c’est un mélange entre site naturel et mur d’escalade. Beaucoup de voies ne sont pas naturelles, il a vraiment fallu les créer. C’est donc plus compliqué que de venir dans un site naturel, où l’on ajoute simplement les points d’ancrage et équipe en fonction des prises. Ici, il faut tout créer de A à Z. Dans les années 80, le fait de tailler des prises était très critiqué. Alors que maintenant, c’est un site très fréquenté. Il ne faut pas oublier qu’à l’origine, c’est un site industriel. Mais, quand on y va, on ne dirait pas. La végétation est omniprésente, avec une quinzaine d’orchidées différentes.
Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ? Et dans l’escalade de façon générale ?
J’ai toujours aimé créer des voies et mener un projet à bien. Après, quand tu vois du monde venir, ça veut dire que tu as réussi quelque part.
Étant d’une ancienne génération, j’ai justement pratiqué l’escalade parce qu’il n’y avait pas de mur avant. J’ai abandonné tous les autres sports codifiés car, avec l’escalade, j’étais dans un site naturel, sans horaires d’entraînement, ni de compétitions. J’ai fait de l’escalade pour être dans la nature et pour être confronter à moi-même. Aujourd’hui, la compétition s’est développée, mais ce n’est pas mon truc. Les murs ont fait augmenter le niveau : avant, il fallait beaucoup grimper en extérieur pour avoir un niveau correct. C’était plus difficile, surtout en hiver où l’on grimpe moins. Les murs ont permis cette évolution, mais ils ont aussi amené une autre population et une autre façon de voir l’escalade.
Pour finir, auriez-vous un ou plusieurs souvenirs en lien avec l’escalade à nous partager ?
J’ai pas mal voyagé pour aller grimper. J’ai beaucoup aimé lorsque je suis allé à Madagascar, dans la vallée de Tsaranoro, sur des grandes voies où tu es vraiment seul. Là-bas, tu es obligé de grimper autrement car s’il t’arrive un problème, tu n’as pas de secours, il n’y a rien. Tu te débrouilles tout seul, donc c’est vraiment une autre façon de grimper. Cela fait partie des choses auxquelles tu dois penser. Tu te dis “OK, je prends des risques, mais il faut quand même que ça soit mesuré”. Au moindre problème, comme une jambe cassée, il n’y a pas d’hélicoptère pour venir te chercher. Sur ce type de site, c’est à la fois très beau, mais ton engagement est beaucoup plus important.
J’aime aussi grimper avec d’autres personnes. L’escalade, c’est un sport individuel, mais tu partages et tu donnes. Tu donnes ta sécurité et tu t’occupes de la sécurité de ton coéquipier. Tu dois faire confiance à la personne avec qui tu es.
Pour toute information complémentaire, retrouvez le topo du site “Les Glachoirs” de Saint-Vaast-lès-Mello, réalisé par Ludovic Petit.
Interview réalisée par Marine Mignotte, dans le cadre de la valorisation de l’investissement bénévole.
L’un de vos licenciés s’investit activement dans votre structure et voudrait participer à l’un de ces portraits ?
